Dates

 

19 et 20 septembre 2022, Théâtre Paris-Villette

18 septembre 2021, TNG - CDN de Lyon
 

LA DERNIÈRE SÉANCE

CONCEPTION ET JEU ADÈLE GASCUEL ET CATHERINE HARGREAVES

PRODUCTION THÉÂTRE NOUVELLE GÉNÉRATION - CDN de Lyon

En travaux dans leur appartement, deux femmes inventent, répètent, font et défont un spectacle qui semble ne jamais aboutir à force d’être annulé. Le disque semble rayé, elles s’amusent à brouiller les pistes, et on finit par ne plus savoir si on est dans un appartement, un théâtre ou un paysage en ruines. Pourtant, sous les gravats se révèle une histoire intime de la manière dont la crise sanitaire a impacté leur vie.

La dernière Séance parle de création, de faire ou pas un enfant, de PMA, et d'envoyer valser un monde dépassé.

Théâtre à partir de 14 ans

Durée : 1h

Conception et jeu : Adèle Gascuel et Catherine Hargreaves

Création lumière : Myriam Bertin

Création son : Nicolas Hadot

DOSSIER LA DERNIÈRE SÉANCE
 

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EXTRAIT

Adèle. « De l'instabilité des choses »

Catherine. Quoi ?

Adèle. « De l'instabilité des choses ». On devrait appeler le spectacle comme ça.

Catherine. C'est trop tard, on a déjà envoyé toute la comm.

Adèle. J'ai un regret.

Catherine. Quoi ?

Adèle. Qu'on ait choisi un titre qui fasse référence à la chanson d'un homme des années 80. C'est nul de citer du Eddy Mitchell, non ?

Catherine. J'aime bien.

Adèle. Ah bon ?

Catherine. C'est du 2e degré. On kidnappe Eddy Mitchell et on lui dit écoute, chéri tu t'es bien marré avec tous tes petits copains, vous avez bien squatté le dancefloor, mais maintenant bye, bye, c'est ta dernière séance.

“Deux femmes puissantes“

Article du 3 octobre 2022, Les détectives sauvages, Pauline Guillier

https://detectives-sauvages.com/Adele-Gascuel-et-Catherine-Hargreaves-La-derniere-seance-CRITIQUE

 


Deux femmes dans un appartement en travaux discutent du titre de la pièce qu’elles ont choisi pour leur prochaine création – Eddie Mitchell, un vieux mâle blanc, le monde d’après, c’est vraiment ça qu’on veut ? Elles se lancent et répètent, avec pour guide la question suivante : comment la crise du covid a modifié leur rapport à la création et leur vie intime ?

(...)
Elles se mettent à brouiller délicieusement les pistes et fabriquent à vue un objet théâtral aux contours flous, aux bifurcations imprévisibles. L’espace mi-théâtre mi-appartement en travaux offre ses parpaings à la rage des spectatrices et son placo à une réflexion politique sur le cinquième mur, celui qui se tient, bien réel, entre le théâtre et la rue – il va sans dire que briser le quatrième n’a plus rien de subversif.  Dans cet espace scénique qui perd son identité et s’autonomise, les possibles du spectacle adviennent et sont sans cesse réactualisés. Toutes les formes de jeu et de texte jaillissent dans une merveilleuse instabilité. (...) Tout est un peu fragile, un peu artisanal, et cette liberté prise laisse déborder une jubilation contagieuse, comme la liberté contaminatrice de Despentes, à être au plateau, à faire se mirer à l’infini la vie et la scène. (...) La relation tantôt fugueuse, tantôt frontale, toujours ludique qui se tisse avec les spectateur-rices est d’une grande beauté.